Mamoudzou, l’enjeu du centre-ville

 

Com­mune de 70 000 habi­tants, Mamoud­zou occupe une place à part au sein du pro­gramme « Action cœur de ville ». Là où les villes moyennes de métro­pole souffrent d’une vacance com­mer­ciale et rési­den­tielle impor­tante, le mar­ché du loge­ment est à Mamoud­zou extrê­me­ment ten­du, tan­dis que de véri­tables batailles font rage pour un pas-de-porte dans son artère prin­ci­pale. 

Le centre-ville connaît pour­tant de réels pro­blèmes d’attractivité, liés en grande par­tie à son his­toire. Mamoud­zou est en effet une ville récente, qui s’est avant tout consti­tuée comme une ville des­ti­née à accueillir l’administration colo­niale. Après l’indépendance des Comores, Mayotte res­tée fran­çaise a besoin de locaux pour son admi­nis­tra­tion. De 1976 à 1985 seront ain­si construits de nom­breux bâti­ments emblé­ma­tiques de Mamoud­zou, comme le siège du conseil dépar­te­men­tal ou la pré­fec­ture. 

Cette réa­li­té marque aujourd’hui encore le tis­su urbain du centre-ville, avec une moi­tié nord qua­si exclu­si­ve­ment occu­pée par dif­fé­rentes admi­nis­tra­tions, tan­dis que cer­taines fonc­tions d’une capi­tale res­tent lar­ge­ment absentes du centre (inno­va­tion, rayon­ne­ment cultu­rel et tou­ris­tique notam­ment, des­ti­na­tion com­mer­ciale en dan­ger face à de nou­veaux pôles émer­gents). 

Dans ce contexte, la stra­té­gie de revi­ta­li­sa­tion s’attache à faire évo­luer le centre-ville de simple chef-lieu à une véri­table capi­tale, en s’appuyant sur les fonc­tions exis­tantes et en accom­pa­gnant l’émergence de celles qui sont encore absentes : réamé­na­ge­ment du front de mer très rou­tier en espla­nade, mise en valeur d’un patri­moine bâti aty­pique, créa­tion d’un tiers-lieu avec pour fil rouge « l’architecture du quo­ti­dien », appui à la struc­tu­ra­tion de deux asso­cia­tions de com­mer­çants pour ren­for­cer l’animation com­mer­ciale du centre-ville, etc. 

Cette orien­ta­tion se double de l’ambition de faire de Mamoud­zou un exemple de tran­si­tion éco­lo­gique d’une ville tro­pi­cale : créa­tion d’îlots de fraî­cheur, tra­vail consé­quent d’amélioration du maillage de rac­cour­cis pié­tons pour main­te­nir la part modale impor­tante des dépla­ce­ments pié­tons notam­ment. 

Marion Sybillincheffe de pro­jet « Action cœur de ville », à Mamoud­zou 

 

Pho­to : Mayotte © Quen­tin Buston/Citadia Conseil 

Lire aussi : « Mayotte, nouveaux dispositifs d’intervention »

 

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