Mayotte, nouveaux dispositifs d’intervention

Ensemble d’îles, Mayotte, offi­ciel­le­ment nom­mée dépar­te­ment de Mayotte, est à la fois une région insu­laire fran­çaise et un dépar­te­ment d’outre-mer (DOM) qui sont admi­nis­trés dans le cadre d’une col­lec­ti­vi­té ter­ri­to­riale unique diri­gée par un conseil dépar­te­men­tal. Mayotte est consti­tuée de deux îles prin­ci­pales, Grande- Terre et Petite-Terre, et de plu­sieurs autres petites îles. Le chef-lieu admi­nis­tra­tif est Dzaoud­zi situé en Petite-Terre tan­dis que le chef-lieu de fait est à Mamoud­zou sur Grande-Terre, avec le siège du conseil dépar­te­men­tal et les ser­vices admi­nis­tra­tifs de la pré­fec­ture. Mamoud­zou est la ville la plus peu­plée, avec plus de 71 000 habi­tants sur un total de 256 500 (en 2017). Du fait de son sta­tut de région fran­çaise, Mayotte est éga­le­ment une région ultra­pé­ri­phé­rique de l’Union euro­péenne. 

Mayotte abri­te­rait le « plus grand bidon­ville de France », le vil­lage de Kawe­ni, où s’entassent plu­sieurs mil­liers d’habitants, dont une grande par­tie d’immigrants sou­vent en pro­ve­nance des Comores voi­sines. L’État a inci­té les col­lec­ti­vi­tés à s’engager dans l’élaboration de plans com­mu­naux et inter­com­mu­naux de lutte contre l’habitat indigne (PCLHI/PILHI). 

La Com­mu­nau­té d’agglomération Dem­be­ni Mamoud­zou (Cade­ma) met en oeuvre son PILHI, qui com­porte de nom­breuses opé­ra­tions de résorp­tion de l’habitat insa­lubre (RHI). Par ailleurs, la ville de Mamoud­zou est ins­crite dans le pro­gramme « Action coeur de ville » (ACV) et une pre­mière opé­ra­tion pro­gram­mée d’amélioration de l’habitat et de renou­vel­le­ment urbain (Opah-RU) a démar­ré avec Soli­ha comme opé­ra­teur. ACV com­porte éga­le­ment un volet com­merces, avec la créa­tion pré­vue d’un opé­ra­teur dédié et un volet mobi­li­tés avec l’élaboration d’un sché­ma direc­teur des mobi­li­tés pié­tonnes. Amb­dil­wa­he­dou Sou­maï­la, le nou­veau maire de Mamoud­zou, est inter­ve­nu dans le cadre des débats, lors de la ren­contre ACV à Paris, le 9 sep­tembre 2020. 

L’unique bailleur social est la Socié­té immo­bi­lière de Mayotte (SIM), dont l’actionnaire majo­ri­taire est depuis 2018 CDC Habi­tat, filiale de la Caisse des Dépôts. La SIM, dont le patri­moine actuel est d’environ 2 000 loge­ments, pré­voit un très impor­tant pro­gramme d’investissement dans les dix pro­chaines années, un mil­liard d’euros, per­met­tant la construc­tion de 5 000 loge­ments neufs. Un éta­blis­se­ment public fon­cier (EPF) d’État ayant la com­pé­tence d’aménageur a été récem­ment créé. 

Par ailleurs, le patri­moine bâti maho­rais connaît un début de recon­nais­sance et de valo­ri­sa­tion, par exemple lors des der­nières Jour­nées natio­nales de l’architecture. Le bâti­ment de l’ancien tri­bu­nal a été ins­crit et un pro­jet de réha­bi­li­ta­tion avec les maté­riaux locaux a été éla­bo­ré, afin de trans­for­mer le bâti­ment en tiers-lieu dédié à l’architecture du quo­ti­dien. 

En début d’année 2021, le ter­ri­toire s’est doté d’un CAUE (Conseil en archi­tec­ture, urba­nisme et envi­ron­ne­ment) sou­te­nu par le dépar­te­ment pour son démar­rage. Le CAUE va orien­ter dans un pre­mier temps ses mis­sions sur l’éducation, la sen­si­bi­li­sa­tion et le conseil. Le conseil de l’Ordre des archi­tectes Réunion-Mayotte s’est impli­qué dans la créa­tion du CAUE. 

Marion Sybillin, cheffe de pro­jet « Action cœur de ville », à Mamoud­zou 

Pho­to : Mayotte © Quen­tin Buston/Citadia Conseil 

 

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