Et si nous pouvions imaginer qu’un quartier à haute densité puisse lui-même absorber une partie de ses émissions ?

L’urbanisation incontrôlée et les bouleversements climatiques mondiaux ont créé des villes caniculaires et dangereuses pour la santé de leurs habitants. Alors que les villes à forte densité produisent moins d’émissions de gaz à effet de serre (GES) par habitant que les villes à faible densité, les quartiers urbains à haute densité les amplifient, lorsqu’ils ont mal planifié les effets du changement climatique (inondations, canicules, vagues de chaleur).

L’occupation croissante des sols favorise le phénomène d’îlots de chaleur (ICU).

Et si nous pouvions imaginer qu’un quartier à haute densité puisse lui-même absorber une partie de ses émissions ? Cette idée contre-intuitive se concrétise grâce au concept de « l’îlot de fraîcheur ». Ce phénomène naturel devient une opportunité unique d’activer la dynamique bioclimatique. Un réseau d’îlots de fraîcheur dans une ville dense permet de concevoir des espaces publics pour les habitants, de faire des économies d’énergie et de répondre à des besoins de santé publique.

ORGANISER LES QUARTIERS DENSES POUR FAIRE FACE

Le changement climatique et les villes (Climate Change and Cities), le second rapport d’évaluation sur les villes et le changement climatique (ARC3.2) publié par Cambridge University Press2, met en avant les risques que le réchauffement climatique fait peser sur les villes et propose des mesures concrètes pour s’adapter à ces changements et les atténuer. En effet, dans un monde toujours plus urbanisé et menacé par le réchauffement climatique, il est nécessaire qu’architectes et urbanistes intègrent dans leurs plans des notions de climatologie, d’écosystèmes, de compacité, pour assurer une meilleure qualité de vie. Le défi fondamental du XXIe siècle consiste à configurer des villes denses, bien conçues, équitables et efficaces, résilientes face à la crise climatique tout en contribuant à son atténuation. Une densité bien configurée renforce la réponse à un taux d’urbanisation mondial sans précédent, au manque d’équité et au bouleversement climatique.

Un design urbain conçu dans la double perspective d’atténuer les changements climatiques et de s’adapter à ceux-ci permet d’organiser les quartiers densément peuplés de façon à faire face à cette menace climatique.

Le phénomène d’îlot de fraîcheur entraîne un rafraîchissement pendant les périodes estivales, une diminution de la consommation énergétique, et une amélioration de la qualité de l’air.

Quatre facteurs fournissent un cadre permettant de configurer des quartiers durables, résilients et sains : améliorer l’efficacité du métabolisme urbain, du point de vue de l’énergie et des transports (entre autres) ; optimiser la forme tridimensionnelle de la ville afin de favoriser la ventilation naturelle ; favoriser des matériaux réfléchissants ; augmenter la part de végétation.

Extrait de l’article de Jeffrey Raven, architecte et urbaniste, professeur au New York Institute of Technology

Photo : Vue de la 42e rue à New York, États-Unis © Alexander Spatari/GettyImages

 

Pour lire l’intégralité du dossier Habiter un monde plus chaud
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