Patrick Jarry : « Pour une action forte en faveur du développement urbain »

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Le nouveau président de la Fédération des Entreprises publiques locales (FedEpl), Patrick Jarry, est maire de Nanterre, conseiller départemental des Hauts-de-Seine et président de la Société d’économie mixte de Nanterre (Semna).

 

Les Entre­prises publiques locales (EPL) ont déve­lop­pé ces der­nières années leurs inter­ven­tions pour revi­ta­li­ser les ter­ri­toires, en par­ti­cu­lier dans les centres de villes petites et moyennes. Com­ment cette action, qui rejoint celle de l’Anah, notam­ment dans « Action cœur de ville », s’est-elle déployée ?
Par la diver­si­fi­ca­tion des EPL exis­tantes, par la créa­tion de nou­velles EPL ou de filiales ?

Patrick Jarry/ Les élus locaux sont inter­ve­nus très tôt sur les centres anciens, comme à Rennes, Bor­deaux ou dans l’agglomération d’Angers. Dans ces villes, la rela­tion avec l’Anah est donc très ancienne.
De nom­breuses EPL affi­chaient donc déjà les com­pé­tences et 90 % des villes du pro­gramme « Action cœur de ville » ont à proxi­mi­té une EPL d’aménagement ou d’immobilier en mesure d’intervenir direc­te­ment ou bien de déve­lop­per une réponse sur-mesure.
C’est la par­ti­cu­la­ri­té des EPL : leur très grande sou­plesse pour inter­ve­nir en « cou­teau suisse » en fonc­tion des besoins des élus.
Sur cer­tains ter­ri­toires, des nou­velles EPL ont été créées pour des besoins spé­ci­fiques, prin­ci­pa­le­ment des SEM patri­mo­niales pour du por­tage immo­bi­lier, mais aus­si des EPL avec un rôle fort pour redon­ner de l’attractivité au centre, une inter­ven­tion déci­sive sur l’acquisition-amélioration de com­merces en rez-de-chaus­sée comme à Calais ou de ges­tion de halles de mar­chés comme à Pau.

 

Com­ment ana­ly­sez-vous l’impact de la crise sani­taire et de ses consé­quences éco­no­miques et sociales sur le loge­ment des Fran­çais ? Le plan de relance annon­cé en sep­tembre 2020 par le gou­ver­ne­ment vous paraît-il aller dans le bon sens ?

Patrick Jarry/ L’impact de la crise du Covid est pour l’heure dif­fi­cile à déter­mi­ner sur le mar­ché immo­bi­lier. Le plan de relance apporte quelques élé­ments de réponse (fonds Friches, fonds de restruc­tu­ra­tion des locaux d’activités), même si nous regret­tons qu’il n’y ait qu’une somme rela­ti­ve­ment faible allouée au renou­vel­le­ment urbain et à la sobrié­té foncière.
Il s’agit d’une pre­mière recon­nais­sance de cette pro­blé­ma­tique, mais les besoins sont immenses, sur l’ensemble des champs du renou­vel­le­ment urbain : centres anciens, attrac­ti­vi­té et mise en tou­risme des sites remar­quables, quar­tiers prio­ri­taires de la ville, friches com­mer­ciales, friches indus­trielles pol­luées, etc.

Nous plai­dons pour une action forte en faveur du renou­vel­le­ment urbain qui puisse prendre en compte tous ces enjeux avec une fis­ca­li­té à repen­ser, en fonc­tion des besoins iden­ti­fiés avant tout par les élus locaux. Mais les mesures du plan de relance ciblent davan­tage la réno­va­tion éner­gé­tique du bâti­ment (7 mil­liards d’euros pour les bâti­ments publics, l’habitat pri­vé et le loge­ment social) que le thème de l’amélioration de la qua­li­té de vie via des pro­jets urbains com­plexes, garan­tis­sant la mixi­té sociale et fonc­tion­nelle, des équi­pe­ments publics de proxi­mi­té, des faibles dis­tances entre domi­cile et tra­vail, l’accès à la nature en ville, etc.

 

Com­ment conce­vez-vous l’évolution du par­te­na­riat entre la Fédé­ra­tion des EPL et l’Anah ?

Patrick Jarry/ À ce jour, nous n’avons pas de par­te­na­riat for­ma­li­sé, mais nous avan­çons main dans la main.
Ain­si, l’Anah a récem­ment modi­fié son règle­ment pour ouvrir aux EPL la pos­si­bi­li­té de por­ter de nou­veaux dis­po­si­tifs de réno­va­tion d’habitat pri­vé à l’immeuble (la Vente d’immeuble à réno­ver et le Dis­po­si­tif d’intervention immo­bi­lière et foncière).
C’était une demande de longue date de la part de la Fédé­ra­tion des EPL.
C’est une pre­mière avan­cée pour recon­naître l’intervention à l’immeuble et un jour peut-être à l’îlot. Plus effi­caces, ces restruc­tu­ra­tions com­plexes d’îlots dégra­dés per­mettent de refaire la ville sur elle-même, d’éviter le sau­pou­drage des aides publiques sans réel effet sur l’image d’un quartier.

Antoine Lou­bière

Patrick Jar­ry a été élu à l’occasion du congrès des EPL orga­ni­sé à Angers (14 et 15 octobre 2020). Il a suc­cé­dé à Jean-Marie Ser­mier, dépu­té du Jura.

 

Pho­to : Patrick Jar­ry © D. R.

 

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